Ce que les Français demandent à ChatGPT au travail
30 oct. 2026

En bref : d'après les données publiées par OpenAI le 26 octobre 2026, la première chose que les Français demandent à ChatGPT dans un cadre professionnel est de corriger ou de relire un document (17,1 % des messages classés au troisième trimestre 2026). Viennent ensuite les visuels, le marketing et, plus surprenant, les questions juridiques. Pour une association ou une petite entreprise, ces chiffres donnent des pistes concrètes, à condition de garder en tête leurs limites : ils décrivent ce que l'on demande à l'outil, pas ce qu'il réussit.
Que contient la publication d'OpenAI sur les usages au travail ?
Le 26 octobre 2026, l'équipe de recherche économique d'OpenAI a mis en ligne un jeu de données intitulé « ChatGPT's expanding world of work ». Selon le résumé qu'en fait le site PPC Land, il classe les messages liés au travail en 165 catégories d'activités, issues de la base américaine O*NET, qui décrit les tâches des différents métiers. Il couvre sept trimestres, du début de 2025 au troisième trimestre 2026, et près de cent pays.
Le constat d'ensemble tient en une phrase : les usages se diversifient. Dans les 74 pays suivis à chaque trimestre, les dix activités les plus fréquentes représentaient en moyenne 56,0 % des messages professionnels classés début 2025. Elles n'en représentent plus que 51,1 % au troisième trimestre 2026, selon PPC Land et le site explainx.ai. Autrement dit, on ne demande plus seulement à ChatGPT de rédiger : on lui confie un éventail de tâches de plus en plus large.
OpenAI présente ces données comme une matière première pour les chercheurs. Elles sont diffusées sous licence Creative Commons CC BY 4.0, ce qui permet de les réutiliser en citant la source.

Que font les Français avec ChatGPT au travail ?
Le média Clubic a relevé les chiffres français du troisième trimestre 2026. Voici le haut du classement, tel qu'il le rapporte :
| Rang | Activité | Part des messages professionnels classés |
|---|---|---|
| 1 | Correction et révision de documents | 17,1 % |
| 2 | Création de visuels et de compositions graphiques | 6,7 % |
| 3 | Marketing et supports promotionnels | 4,3 % |
| 4 | Conseils juridiques et réglementaires | 4,2 % |
| 5 | Éducation et formation | 3,9 % |
La programmation n'arrive qu'en neuvième position, avec 2,8 %. Elle se place derrière la recherche de produits et de services, le dépannage informatique et les calculs financiers. Ce point étonne, car on associe souvent l'IA au code. Il s'explique en partie par le périmètre de l'étude, que nous détaillons plus bas.
En regroupant les activités par grandes familles, Clubic indique aussi qu'en septembre 2026, 34,8 % des messages professionnels français relèvent de l'écriture au sens large (rédaction, correction, traduction), contre 32,6 % à l'échelle mondiale.

Pourquoi la part de la correction de textes baisse-t-elle ?
Début 2025, la correction de documents représentait encore 24,4 % des messages professionnels français classés, toujours selon Clubic. Elle a donc perdu plus de sept points en un peu plus d'un an. Dans le même temps, la création graphique a plus que doublé.
Il ne faut pas en conclure que l'on corrige moins de textes avec l'IA. Ces pourcentages sont des parts relatives : si le nombre d'utilisateurs augmente et que de nouveaux usages apparaissent, la part de chaque usage historique diminue mécaniquement, même si son volume réel continue de croître. La lecture raisonnable est plutôt celle d'un élargissement : des personnes qui avaient commencé par relire un courriel essaient ensuite de produire une affiche, un plan marketing ou une première analyse.
Aux États-Unis, la tendance va dans le même sens, avec un glissement vers le conseil et la création. D'après PPC Land, prendre des décisions et résoudre des problèmes arrive en tête (21,6 % des demandes professionnelles américaines au premier trimestre 2026), devant la réflexion créative (15,6 %) et la mise par écrit d'informations (11,8 %). L'Allemagne ressemble beaucoup aux États-Unis, avec 19,4 % pour la prise de décision. À l'inverse, la catégorie liée à l'utilisation des ordinateurs et à la programmation recule : de 11,7 % à 6,7 % des demandes américaines, et de 12,7 % à 8,4 % des demandes allemandes.
Ces chiffres sont-ils fiables pour une petite structure ?
Ils sont intéressants, mais il faut les lire avec prudence. Plusieurs limites sont signalées par les médias qui ont analysé la publication :
- Seuls les comptes individuels sont analysés. Les conversations des offres Enterprise et l'usage de Codex, l'outil de programmation d'OpenAI, sont exclus. Les usages techniques sont donc probablement sous-représentés.
- Le classement est automatique. Des systèmes automatisés attribuent chaque message à une catégorie, après suppression des informations d'identification. Ils décrivent donc une intention supposée.
- Les petits groupes sont masqués et du bruit statistique est ajouté, afin de protéger la vie privée. Les chiffres très fins par pays et par activité sont moins fiables.
- Ce sont des données d'OpenAI, selon sa propre méthode. Il est difficile de les vérifier de manière indépendante, puisque les messages eux-mêmes ne sont pas publics.
Surtout, comme le souligne Clubic, demander à ChatGPT de corriger un document ne prouve ni que la correction est bonne, ni que son auteur a gagné du temps. Les bénéfices réels sur la productivité restent débattus, notamment quand les résultats exigent beaucoup de vérifications. OpenAI précise d'ailleurs que cette publication décrit l'usage, pas l'effet sur l'emploi ou la productivité.

Comment une association peut-elle s'inspirer de ces usages ?
Ce classement n'est pas un mode d'emploi, mais il montre où se situent les usages les plus courants. En partant de là, voici des applications simples pour une petite structure.
Relire et clarifier ses documents
C'est l'usage numéro un, et le plus facile à encadrer. Compte rendu d'assemblée, courrier à un financeur, newsletter, offre commerciale : l'IA peut proposer des reformulations, repérer des fautes et alléger des phrases. Gardez la main sur le fond : relisez chaque chiffre, chaque date et chaque nom propre avant d'envoyer.
Préparer des visuels et des supports
Affiche d'événement, visuel pour les réseaux sociaux, trame de présentation : l'IA aide à lancer une première version. Vérifiez les droits d'utilisation de ce que vous publiez et faites relire par une personne de l'équipe, surtout pour les textes inclus dans une image.
Se faire expliquer un texte juridique, sans s'y fier aveuglément
Le fait que les conseils juridiques et réglementaires se classent en quatrième position en France montre que beaucoup de personnes cherchent à comprendre un contrat, un statut ou une obligation. Une explication de l'IA peut aider à poser les bonnes questions, mais elle ne remplace ni un texte officiel ni un professionnel du droit. Pour une décision engageante (bail, contrat de travail, subvention), faites vérifier.
Quelques précautions communes
- Évitez de coller des données personnelles de membres, de bénéficiaires ou de clients dans un outil dont vous ne maîtrisez pas les conditions d'utilisation.
- Fixez une règle écrite d'une page : quels outils, pour quelles tâches, avec quelle relecture.
- Notez le temps réellement gagné sur un mois. Si le gain est faible, l'usage ne mérite pas d'être étendu.

Que retenir de cette étude pour une association ou une petite entreprise ?
Premièrement, l'usage le plus répandu est aussi le plus modeste : relire et corriger. C'est un bon point de départ, peu risqué, qui ne demande ni budget ni formation lourde. Deuxièmement, les usages s'élargissent vite vers le visuel, le marketing et le conseil : il est utile de choisir volontairement les tâches que vous confiez à l'IA plutôt que de laisser chacun improviser. Troisièmement, ces statistiques ne disent rien de la qualité des résultats : la vérification humaine reste la condition d'un usage sérieux.
Enfin, ces données viennent d'un éditeur qui analyse ses propres utilisateurs : elles donnent une tendance, pas une vérité. Si vous souhaitez un regard extérieur pour choisir vos premiers cas d'usage et les encadrer, vous pouvez vous tourner vers La BaskTech au Pays Basque.
Photo : Hatice Baran / Pexels

Sources
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